Le début d’Elisa, de Jean Becker : bande sonore

Au début d’Elisa, on entend une ambiance de fête. Le son est doux, comme atténué. Plusieurs personnes. Des paroles indistinctes. Et puis, des mots ressortent : le Père Noël, tu as été gâté(e?), Joyeux Noël ! Plus tard, au premier plan, un son comme des pas sur une surface mouillée, ou des gouttes qui tombent dans l’eau… En fond, toujours le bruit de la fête, les voix qui s’entremêlent. Enfin, une phrase entière, distincte, la première. Une voix de femme. Quelque chose comme : « Tu viens, Marie, on va allumer le sapin. » Pas de réponse. D’autres bruits, difficiles à identifier.

Soudain, le diamant d’un électrophone qui se pose sur le disque, et la musique de Serge Gainsbourg, Elisa. Sans paroles, juste la musique. Et sur la musique, des sons. Des halètements, des gémissements. Hypothèse : un crime ? quelqu’un qu’on étrangle ? La suite va m’apprendre que je me trompe. Ca dure un moment. Et puis une phrase : « Je suis née le soir de Noël. » La voix reconnaissable de Vanessa Paradis. Alors, ces halètements et ces gémissements, c’était un accouchement ? Enchaîné à la parole d’Elisa – Vanessa Paradis joue Elisa, je suppose – une scène avec un garçon et deux filles – Elisa et une copine, on dirait. La première scène après le générique, peut-être. J’aime bien savoir à quel moment se situe le générique, quand il commence, quand il finit.

Je n’ai pas vu les images, mais je sais déjà ce que j’ai envie de dire, et comment j’ai envie de le dire. Il y a beaucoup à entendre, alors, il faudra dire en peu de mots.

– cette fête de Noël : où ? Qui voit-on ? Beaucoup de monde ? On entend des voix d’enfants, aussi. Le décor ?

– les bruits, à l’écart de la fête, comme à l’étage, par exemple : par quoi ou par qui sont-ils produits ? A quel endroit ?

– la voix féminine, « tu viens, Marie, on va allumer le sapin » : qui parle ? Qui est Marie ? Où sont les deux femmes ?

– le bruit juste avant le début de la musique : un électrophone ? Le diamant sur le sillon ?

– que se passe-t-il pendant la musique Elisa ? Un accouchement ? Un couple qui fait l’amour ?

– « je suis née le soir de Noël » : voit-on la personne qui parle, en l’occurrence, je pense, Elisa ? Est-ce une voix off ? Si on voit Elisa, comment est-elle ? Moi je sais à quoi elle ressemble car je la connais et j’ai vu l’affiche du film. Il faudra la décrire en quelques mots.

– juste derrière cette phrase, si mes souvenirs sont bons, il y a une grosse musique, très forte, genre techno : on s’imagine être dans une boîte de nuit. Que voit-on exactement ?

– la scène entre le garçon et les deux filles : qui sont les personnages qui accompagnent Elisa ? Que font-ils ? On dirait qu’ils sont au lit.

La suite, bientôt…

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Elisa, de Jean Becker, 1994 pour Arte

Affiche, Allociné.com

Une adolescente part à la recherche de son père, responsable de la tragédie qui a couté la vie à sa mère.

Avec : Vanessa Paradis, Gérard Depardieu, Clotilde Courau…

Une description en perspective, c’est du plaisir en perspective. Le plaisir de découvrir un film, si on ne le connaît pas – ce qui est mon cas ici. Le plaisir d’entrer dans une nouvelle oeuvre, de découvrir un univers. C’est aussi se dire que le travail de description sera nouveau, une fois encore, différent du précédent. Nouveau film, nouvelle remise en question. Que sera la description. Décrire « Elisa », ça voudra dire quoi, exactement ? Pour répondre à cette question, il faudra voir le film, y entrer doucement, vivre un peu auprès de ses personnages, partager leur histoire, leurs émotions. Il faudra aussi suivre pas à pas, scène après scène, le créateur, le réalisateur, écouter ce qu’il dit, regarder où il place sa caméra, comment il choisit sa lumière. Il faudra ouvrir grand les yeux et grand les oreilles. J’ai déjà hâte de commencer…

Marie-Luce Plumauzille et Laurent Mantel auront le plaisir, et peut-être aussi la lourde tâche, de décrire ce film…

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Relecture de la description de Julie Lescaut : Faux coupable

Roland (Jean-Charles Chagachbanian) et Gilles (Guillaume-Gabriel), Télé Première

Demain, mardi 2 février 2011

Une relecture, c’est une journée d’échange avec l’autre auteur, celui qui a décrit l’autre partie du film. On travaille toujours comme ça, à deux. Travailler à deux permet une double lecture du film, ça permet d’éviter les erreurs d’interprétation. On se corrige, on harmonise, on tranche, on fignole, on précise, on cisèle, on affine, on coupe. Information pas utile ? Redondante avec le son ? On zappe, on efface. Sans ménagement. On réécrit beaucoup. On compare nos visions du film, on discute, on débat sur les intentions du réalisateur (travail indispensable). « Ah, mais non, le réalisateur n’a pas voulu montrer ça ». « Et s’il ne l’a pas montré, pourquoi l’as-tu décrit ? », « Ah, c’est ça que tu voulais dire, quand tu as écrit ça ! », « Tu décris ça comme ça, toi ? », « J’aime bien ce que tu as écrit, là », « Alors là, j’avais pas du tout compris ça… », « Moi, je ne dirais pas ça comme ça. », « La, moi, je ne dirais rien, je laisserais le silence… »

On se bouscule un peu, on se chahute, on se moque de l’autre, parfois. On coupe les cheveux en quatre. On se questionne. Pourquoi ? Est-ce qu’on décrit ça, ou non ? Est-ce utile ou pas ? Et si on ne disait rien ? Ma description du décor fait-elle rêver autant que les images ? Le personnage est tendu, on l’entend, tu n’as pas besoin de le dire… Il faut savoir se remettre en question, écouter l’autre. Se battre un peu, aussi, pour ses idées.

Quand une personne aveugle nous accompagne lors de ces relectures, c’est drôlement bien. C’est elle qui est le plus à même de trancher. C’est elle qui va dire si elle a compris, si on en dit trop, ou pas assez. Si les mots font image, ou s’ils viennent juste l’enquiquiner.  Elle a l’habitude d’écouter le cinéma, elle a l’habitude de remplir certains silences, d’émettre parfois des hypothèses : « Tiens, si le personnage dit ça, il va probablement se passer ça », « La musique est angoissante, le meurtrier va sûrement se pointer »… Elle met toujours le doigt sur ce qui est superflu, inutile, sur ce qui manque, sur ce qui est obscur. Travailler avec une personne aveugle n’est pas une pratique répandue, ni même acceptée par tous. C’est dommage. Ca changera peut-être…

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T’es pas la seule !

T'es pas la seule

Sur TSR 1, à partir du 18 février, 20h

Série audio-décrite par Dune Cherville et Marie Gaumy (épisodes 1 à 4), Marie-Luce Plumauzille et Laurent Mantel (épisodes 5 à 8) et d’autres encore… A suivre…

T’es pas la seule !, la nouvelle série de comédie produite par Rita Productions en coproduction avec la RTS, veut conquérir le cœur et l’esprit des familles, des mères célibataires aux nouveaux pères, en passant par les tribus emmêlées, en leur apportant une dose hebdomadaire de rires et d’émotions avec une série qui mélange avec audace patrimoine et modernité.

La série se construit autour du personnage d’Eve, jeune mère citadine un peu débordée, qui hérite du vignoble d’une tante excentrique. La jeune femme y voit un signe du destin et saisit le challenge à bras le corps. C’est compter sans le retour de sa jet-setteuse de sœur, le burn out de son conjoint, l’arrivée d’un oœnologue sexy, un voisin jaloux, des vignerons phallocrates, un héritier inattendu, une femme de ménage entêtée, et l’opiniâtre fantôme de sa tante prête à tout pour défendre son patrimoine..

www.facebook.com/tespaslaseule

www.tespaslaseule.com

Le travail de description ne commencera que la semaine prochaine…

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Julie Lescaut : Faux coupable

Sur TF1, en février.

Audio-décrit par Marie-Luce Plumauzille et Christine Mangin

Réalisé par : Thierry Petit
Acteurs : Véronique Genest (Julie Lescaut), Jean-Charles Chagachbanian (Roland), Guillaume Gabriel (Gilles), Stefan Godin (François), Jennifer Lauret (Sarah)

Julie Lescaut et son équipe sont appelés dans un spa de luxe, où le corps d’une employée a été découvert. En voyant le visage de la victime, Roland blêmit. Il a, en effet, reconnu Chloé Renaudot, une de ses ex-indicatrices…

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